3e DLM - Le squad Francophone pour Battleground Europe - WWII online 
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Index >  Faits d’armes > II.1 Récits et autres aventures de la 3e DLM

Defense d’Oostmale (17 aout 2010)

LePou, jeune recrue du Squad, découvre la vrai vie en jeu (ouiiii, la vraie vie, la vie IRL n’étant qu’une pale copie de la vraie vie du jeu !!!! vous avez jamais vu "Matrix" ?????) Nous nous immergeons dans l’action par son intermédiaire, en espérant que les jeunes recrues puissent prendre exemple sur son style, montrant la voie...

Les nouvelles n’étaient pas très bonnes. Le front ne cessait de reculer et l’attaque un peu plus tôt contre Turnhout avait été un désastre... Un autre à ajouter à la longue liste, ces jours-ci.

L’assaut blindé, mal coordonné à l’infanterie et l’absence totale de couverture aérienne avait donné les résultats attendus : nos soldats s’étaient empêtrés dans les défenses de la ville. Les chars allemands avaient fini le travail en refermant toute voie de repli à cet assaut et toute chance de coordination. Les survivants de la première vague couraient en tout sens, rapidement fauchés par des salves de fusil-mitrailleur et d’obus.

Les rares rescapés avaient retraité vers Oostmalle, les positions avancées étant également détruites. Simple soldat, je ne comprenais pas le « Grand plan », mais j’avais assez vu d’assauts pour savoir que là, on s’était fait tailler en pièce et l’ennemi le savait aussi. La contre-attaque serait terrible et l’ennemi, fort de son récent succès, serait difficile à contenir.

L’assaut catastrophique de cet après-midi avait décimé notre matériel et nos hommes. Tous savaient que la contre-attaque serait massive et forte en blindés. Les gris seraient bien armés et nombreux. De notre côté, aucun blindé, mis à part des véhicules de reconnaissance, n’étaient disponibles. Seul rescapé d’un équipage de blindé léger, on m’avait assigné à un canon de 57mm, une pièce de bon calibre qui avait connu les combats récents comme en témoignait le sang séché sur son affût. Derrière sa légère plaque de blindage frontal et la tête à l’air libre, je me sentais vulnérable et bien seul au monde. Le chef, au nom imprononçable, probablement breton, reformait les rangs et distribuait les consignes, tandis que je comptais nos forces : Situés dans un fossé en périphérie de la ville, 5 canons antichars de divers calibres s’étaient répartis l’approche Est de la ville où j’étais également positionné, 4 fusils-mitrailleurs aux fenêtres au-dessus de nos têtes se partageaient l’arc de tir et je comptai environ 2 pelotons de fusiliers se distribuant dans les premiers bâtiments à la ceinture de la ville… on était vraiment mal barré. Chacun ayant trouvé sa position, une immobilité et un étrange silence commença à tomber sur la ville. Chacun guettait l’horizon et se demandait ce qui pouvait bien retenir l’ennemi. Le ciel morne au dessus de nos têtes nous apporta la réponse : le crépuscule tombait et l’ennemi le savait… Pour couronner le tout, une pluie commença à cracher sur nos têtes. C’était donc dans cette « ambiance de fête » que chacun, le visage long, la main serrée sur son arme, attendait lorsque les premières silhouettes se profilèrent à l’horizon.

À ma grande surprise, l’axe d’attaque était, comme prévu par le chef, le flanc Est d’Oostmalle. Ce petit homme, aux pantalons trop voyant à mon goût, commençait à forcer mon respect. Je réalisai alors qu’il avait anticipé l’ennemi comme un bon chef se devait de le faire et, malgré le désespoir qui devait le gagner lui aussi, il avait su utiliser ses maigres ressources avec efficacité et stratégie. Notre fenêtre de tir était bien cadrée sur le front d’attaque et les déplacements de dernières minutes furent légers, quelques fantassins vinrent renforcer ma position et je leur souhaitai la bienvenue en enfer. Le relief favorisait la ville, quoique presque plat et de grandes plaines permettaient d’apercevoir les déplacements à bonne distance. Notre ligne de canons attendit les ordres ; pour la première fois aujourd’hui, les troupes étaient disciplinées.

Les blindés allemands apparaissaient lentement à l’horizon et j’ai rapidement cessé de les compter. À ma grande surprise, ils avaient adopté une formation en rang simple qui amplifiait l’effet du nombre. Pour garder la ligne, les blindés roulait à vitesse réduite et dans un axe parfaitement droit. Cette tactique avait pour seul avantage l’effet d’intimidation, car pour la subtilité, il fallait repasser… Je remerciai le ciel pour la stupidité des allemands. Nos canons étaient quant à eux, en position légèrement surélevée, dans un fossé naturel aux abords de la ville.

Le ciel retenait les dernières lueurs de la journée quand, sur ordre du chef, la ligne de canons tira comme un seul homme. La force de frappe et la cadence de tir des canons surclassèrent nettement les chars ennemis qui flambaient les uns après les autres. Un Stug brisa la formation, dans un instant de lucidité ou par frustration d’être pilonné ainsi, mais le courage d’un sapeur français dissipa ses derniers espoirs. Ce malheureux fut emporté par une pièce de mortier alors qu’il revenait s’abriter à nos murs. L’infanterie ennemie qui accompagnait les chars se dispersa bientôt. Les champs avoisinant commencèrent à grouiller de soldats, cherchant une couverture à ce déluge de feu. On pouvait apercevoir les salves de fusils mitrailleurs, de part et d’autres, qui se retournaient la politesse. Bientôt les combats se rapprochèrent à une distance « inconfortable » pour un homme habitué aux combats de char. Les cris des agonisants alternaient avec les explosions et en l’espace de quelques minutes, ce paisible champs était devenu un cimetière fumant.

Vague après vague, la ligne de fusiliers retenait la charge ennemie qui ne semblait accorder aucune importance au nombre de ses pertes. Les balles sifflaient et, affairé à mon canon, je savais que mon travail était de freiner les chars et je devais laisser ma propre vie aux mains des soldats qui bordaient ma tranchée. Je remerciai le courage des fusiliers restés à mes côtés qui plus d’une fois, ont fauché in extremis un allemand sur le point de m’abattre ou de lancer une grenade bien placée. Cette ligne de canon était devenue une forteresse, un fort Alamo duquel aucun ne voulait sortir ni laisser à l’ennemi. Mon canon, à l’instar de mes compagnons, fit exploser plusieurs panzers avant que l’on ne voit les troupes allemandes retraiter. L’impensable s’était produit, la poussée allemande était arrêtée. La plaine était parsemée de vestige de blindés encore fumant, dernier témoignage de la rudesse des combats. Je regardai alors autour de moi, nous étions peu, si peu, nous étions exténués et à court de munitions.

Au milieu de ces ruines, les mains tremblantes, le visage couvert de suie et de sang, je réalisai que nous avions tenu. Mais était-ce une victoire ? Après l’amère défaite de cet après-midi, était-ce une victoire ? Et que dire des revirements plus au sud sur la ligne ? Non, ce n’était pas une victoire, tout juste un moment de répits, car, tout restait à faire. Me sortant de mes pensées, le chef m’informa que des renforts étaient attendus en fin de nuit. Je serais bientôt réintégré dans un équipage blindé. Je poussai un soupir de soulagement.

Tanaka

 
 
   

 

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