3e DLM - Le squad Francophone pour Battleground Europe - WWII online
Documentations Battleground
Les cuirassés d’escadre de la classe "Bretagne".

Issue du programme d’armement naval de 1912, la classe "Bretagne" (avec ses 2 sister-ships "Provence" et "Lorraine") appartient à la deuxième série de cuirassés type "Dreadnought" Francais. Elle représente une amélioration de la classe "Courbet" (avec ses 3 sister-ships "Jean Bart", "Paris" et "France") dont elle reprend le design de la coque mais son armement va passer à 5 tourelles doubles (au lieu de 6), ce qui va permettre d’augmenter le calibre des pièces qui passe de 305 mm sur la classes "Courbet" à 340 mm sur la classe "Bretagne".

Elle fut admis en service actif en 1915 avec le "Provence" et le "Bretagne" puis en 1916 avec le "Lorraine".
Après la 1ère Guerre Mondiale, elle subit un certains nombre de modifications dont principalement en 1921-23, l’augmentation de la hausse des tourelles principales puis en 1930-35, le remplacement des chaudières à charbon par des chaudières à mazout, de nouvelles superstructures, postes de direction de tir, télémètres, remplacement des canons de 340mm d’origine par des pièces neuves et l’armement antiaérien est considérablement renforcé (8 canons de 75mm remplaçant une partie des canons de 138mm en casemate) , 12 mitrailleuses de 13mm antiaériennes seront également embarquées tandis que les tubes lance-torpilles submersibles seront supprimés.

Caractéristiques techniques générales

  • Déplacement
    Standard : 23200 tonnes
    Pleine Charge : 26000 tonnes
  • Dimensions
    Longueur : 166m
    Largeur : 27m
    Tirant d’Eau : 9.80m
  • Propulsion
    4 turbines Parsons à engrenage actionnant 4 hélices pour une puissance de 29000 ch (portée à 43000 ch à la suite de la modernisation dans les années 30)
  • Performances
    Vitesse maximale : 20 kts (21,5 kts à la suite de la modernisation dans les années 30)
    Distance Franchissable : 4700 miles nautiques à 20 noeuds
    Les cuirassés de classe "Bretagne" embarque 2680 tonnes de charbon et 300 tonnes de mazout
  • Equipage
    1133 officiers et matelots
  • Protection
    Ceinture : de 180 à 260 mm
    Ponts : 40mm
    Casemates : 170mm
    Passerelle : 314mm
    Tourelles : 400mm
    - Armement
    • A l’origine au moment de la première mise en service en 1912-15 :
      • 10 canons de 340mm de 45 calibres modèle 1912 en cinq tourelles doubles
      • 4 canons de 47mm
      • 22 canons de 138mm modèle 1910 en casemates latérales
      • 4 tubes lance-torpilles de 450mm
    • A la suite des différentes modernisations, l’armement de la classe "Bretagne" a évolué pour devenir à la déclaration de guerre de 1939 :
      • 10 canons de 340mm en cinq tourelles doubles sauf le "Lorraine" qui a perdu sa tourelle centrale pour recevoir des installations aéronautiques.
      • 14 canons de 138mm modèle 1910 en casemates latérales
      • 8 canons de 75mm antiaériens modèle 1922
      • 12 mitrailleuses de 13.2mm antiaériennes modèle 1929.




Cuirassé d’escadre "Bretagne"

Le cuirassé "Bretagne" est mis sur cale à l’Arsenal de Brest au mois de juillet 1912, lancé en avril 1913 et admis au service actif en septembre 1915.

Affecté à l’Armée Navale en Méditerranée, il participe au blocus de la flotte austro-hongroise depuis Corfou et aux démonstrations de force qui poussent la Grèce à entrer en guerre aux côtés des alliés en 1916. Le 1er septembre 1916, le "Bretagne" participe avec 22 autres navires à une démonstration de force devant Le Pirée pour impressioner le roi de Grèce considéré comme pro-allemand. Comme cela ne suffit pas, le 1er décembre, le "Bretagne" et ses sister-ship couvrent, à l’aide de leurs canons de 340mm, le débarquement de 2500 hommes qui s’empareront de la capitale à l’issue de combats de rue.

Affecté à l’Escadre de l’Atlantique après sa refonte en 1935, le "Bretagne" rejoignit en juin 1940 la base de Mers-el-Kébir. Il se trouvait dans la rade lors de la remise de l’ultimatum de l’amiral Sommerville à l’amiral Français Gensoul en juillet 1940 (opération "Catapult"). Après le rejet de l’ultimatum, la flotte britannique ouvre le feu peu avant 17h, le "Bretagne" est touché immédiatement et reçoit un obus au niveau de la chaudière avant et dans une soute à munitions. L’explosion de la soute à munitions provoque l’embrassement du navire, qui va chavirer et emporter la majeur partie de son équipage dans la mort. Le cuirassé sera demantelé sur place dans les années cinquante.

Cuirassé d’escadre "Provence"

Le cuirassé "Provence" est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient au mois de mai 1912, lancé en avril 1913 et admis au service actif en juin 1915.

Affecté à l’Armée Navale en Méditerranée, il participe au blocus de la flotte austro-hongroise depuis Corfou et aux démonstrations de force qui poussent la Grèce à entrer en guerre aux côtés des alliés en 1916. Le 1er septembre 1916, le "Provence" participe avec 22 autres navires à une démonstration de force devant Le Pirée pour impressioner le roi de Grèce considéré comme pro-allemand. Comme cela ne suffit pas, le 1er décembre, le "Provence" et ses sister-ship couvrent, à l’aide de leurs canons de 340mm, le débarquement de 2500 hommes qui s’empareront de la capitale à l’issue de combats de rue.
En juin 1919, des mutineries auront lieu à son bord alors qu’il est à quai à Toulon.

Integré à l’Escadre de l’Atlantique au déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale, il gagne Mers-el-Kébir à l’armistice où il retrouve son sister-ship le "Bretagne". Il se trouve dans la rade lors de la remise de l’ultimatum de l’amiral Sommerville à l’amiral Français Gensoul en juillet 1940 (opération "Catapult"). Après le rejet de l’ultimatum, la flotte britannique ouvre le feu peu avant 17h. Le "Provence" ouvre le feu très rapidement et tente de sortir de la rade. Touché à l’arrière et au niveau de la tourelle de télépointage au pied du mât tripode, il est obligé de noyer ses soutes arrières et ira s’échouer sur un haut-fond près de la côte. il sera renfloué quelque temps après puis ramené au port de Toulon par deux remorqueurs pour être remis en état. Lors de l’invasion de la zone libre, il sera sabordé par son équipage avec le reste de la flotte le 27 novembre 1942. Son artillerie principale sera récupérée par les allemands en 1943 puis après le débarquement allié en Normandie, il est coulé par les Allemands pour bloquer l’accés au port en août 1944. En 1949, il est renfloué et démantelé.

Cuirassé d’escadre "Lorraine"

Le cuirassé "Lorraine" est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire à St-Nazaire au mois d’août 1912, lancé en septembre 1913 et admis au service actif en juillet 1916.

Affecté à l’Armée Navale en Méditerranée, il participe au blocus de la flotte austro-hongroise depuis Corfou et aux démonstrations de force qui poussent la Grèce à entrer en guerre aux côtés des alliés en 1916. Le 1er septembre 1916, le "Lorraine" participe avec 22 autres navires à une démonstration de force devant Le Pirée pour impressioner le roi de Grèce considéré comme pro-allemand. Comme cela ne suffit pas, le 1er décembre, le "Lorraine" et ses sister-ship couvrent, à l’aide de leurs canons de 340mm, le débarquement de 2500 hommes qui s’empareront de la capitale à l’issue de combats de rue.
Le 15 avril 1917, il transporte le maréchal Joffre aux Etats Unis peu après la déclaration de guerre des Etats-Unis à l’Allemagne.

Il est le premier de sa classe à être modernisé puisqu’en 1917, la portée des canons des deux tourelles arrières est amenée à 18km en lieu des 14km d’origine (augmentation de la hausse). Cette modification est ensuite appliquée à ses 2 sisters-ships qu’après l’armistice de 1918. Comme ses sister-ship, le "Lorraine" est refondu à plusieurs reprises et surtout verra en 1936, le remplacement de sa tourelle centrale de 340mm au profit d’un hangar pour quatre hydravions de type Loire 130, une grue et une catapulte pneumatique Penhoët.

En novembre 1939, le "Lorraine" transporte les réserves d’or de la Banque de France aux Etats-Unis. Au retour, il participe au bombardement du port lybien de Bardia le 12 juin 1940 avant de rallier Alexandrie. Lors du déclenchement de l’opération "Catapult" en juillet 1940, il s’y trouve encore et restera désarmé jusqu’au mois de mai 1943, date à laquelle il rallie les alliés au sein des Forces Navales Francaises Libres (FNFL). Jugé trop vieux et trop lent pour reprendre du service, il est a nouveau désarmé à Dakar et devient navire-école à Mers-el-Kébir mais réintégre le service actif en avril 1944. Il va participer au débarquement de Provence en août 1944 puis à la réduction des poches allemandes de l’Atlantique dans le cadre de la French Naval Task Force.
Après la Seconde Guerre Mondiale, il sert en tant que navire-école et, finalement désarmé et démantelé en 1953.

Post Scriptum

Crédits photos : SHD-Département Marine et inconnu.

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