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Faits d’armes
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II.1 Récits et autres aventures de la 3e DLM
01 février 2005, alors que je déposais mes affaires dans mon bureau après plus de 6 mois d’absence, je suis tombé sur un porte-document datant de début 2003, époque où j’étais encore un jeune officier. Ce porte-document contenait des débriefings jamais rendus publique. J’ai décidé de révéler le contenu de l’un d’eux avec vous aujourd’hui, celui qui fût un tournant pour ma carrière sur le front...
Dimanche 13 avril 2003, une journée pas comme les autres
Tout commença ce dimanche matin. Notre chef Druide nous réveilla en sursaut. Il était cerné, mal rasé et avait encore des taches de sang de la veille. Depuis quelques mois notre brigade était dissoute, mise sur le coté par le Haut Commandement Allié. Nous étions là uniquement pour "jouer aux pompiers", comme disent certains. Partout où la situation était désespérée, nous y étions envoyés à la hâte. Les boucheries, c’étaient pour nous.
"Encore une sale journée en perspective" gronda un soldat à quelques lits du mien. Mais ce matin là régnait une grande agitation dehors, nous sentions que cette journée n’allait pas être comme les autres.
J’enfilais mes bottes à la hâte, rempli mon sac de quelques morceaux de pain sec, pris ma gourde, et coura vers la cours principale de notre quartier général où je fus surpris d’y voir toute une brigade anglaise : le général D0c7 et ses hommes.
Ces derniers temps nous avions perdu beaucoup de terrain et même si les anglais progressaient lentement au nord, au sud les campements français battaient petit à petit en retraite. Le Haut Commandement envoya donc des troupes de sa majesté pour reprendre le dessus sur le front sud et en passant par Philipville, ils ont demandé à Druide s’il pouvait leur prêter main forte. Nous avons ainsi reçu l’ordre de nous joindre à eux pour la matinée et je me suis retrouvé au milieu de ces braves soldats anglais armés d’une mitrailleuse Thompson qui, il faut l’avouer, était bien plus efficace que nos MAS mle38 françaises.
D0c7 était un général très respecté de ses troupes. Ses ordres étaient clairs et pertinents.
Après un long trajet en camion, nous aperçûmes enfin les toits multicolores de la ville allemande, illuminés par le soleil levant. Il faisait beau malgré un vent glacial qui amplifiait d’autant plus nos tremblements.
Même si nous étions tous expérimentés, personne ne pouvait échapper à une mort. Au combat, tout se joue en terme de probabilité dû au hasard. Le "destin" comme disent certains pour soulager leurs craintes.
A notre grande surprise la ville était vide. Les allemands dormaient probablement encore.
Nous sommes descendus du camion et l’on me donna l’ordre de suivre un officier anglais.
Il était jeune, maigre et assez élancé. Il était sûr de lui, on pouvait lire sur son visage la crainte dominée par la détermination.

Nous nous sommes dispersés dans les différents points stratégiques de la ville tandis qu’une équipe parti vers le du bunker allemand. Je reçu comme mission de prendre possession du port.
Après avoir progressé entre les murs étroits de la ville, je tombais nez à nez avec une sentinelle allemande perchée en haut d’une tour de garde.
Je n’ai pas eu le choix, c’était elle... ou moi...
Ma grenade fît effondrer la tour et cette première explosion résonna jusqu’à l’autre bout de la ville.
Je pris ensuite rapidement possession du port, qui était heureusement vide, un tué était déjà un mort de trop.
Des coups de feux ont commencé à retentir. Après dix minutes je parvins enfin à régler la radio sur le canal allié. C’est ainsi que j’appris que la ville était à nous et que les pertes avaient été minimes... Des soldats français partis 1h plus tôt étaient venus de Hirson afin de pouvoir préparer une avant-garde française et certains d’entre eux avaient péris sous les balles des mitrailleuses allemandes.
Mais malgré cela, comment expliquer cette joie qui se lisait sur tous ces visages affaiblis ?
Je compris alors ce qui tenait ces hommes debout : leurs victoires.
Le général d0c7 était très ambitieux. Fort de notre succès, il nous invita à partir immédiatement à l’assaut d’autres villes. Nous avions l’effet de surprise, le matériel et les hommes. Nous nous sommes mis en route une fois la ville sécurisée.
Pendant le trajet mon chef Druide m’expliqua que c’était lui qui, seul, avait fait tomber la base allemande. Quelle fierté pour notre squad ! Il exprimait de la sympathie tout en étant sérieux. Ses médailles renforçaient ce coté héroïque qu’il dégageait. Je me suis dis alors qu’un jour peut-être je le remplacerai...
Dans cet élan de motivation nous avons libéré quatre villes durant la matinée. Les allemands n’ont pas eu le temps de battre en retraite, tous ont été fait prisonniers, ce qui laissera le front sud tranquille pendant quelques jours. D0c7 et ses hommes sont retournés au nord et un camion nous a déposé au quartier général de la 3e Division Légère Motorisée où je retrouvai les soldats frc03 et Benjoli. Ce fût une sacrée matinée, il fallait en prendre de la graine.
J’appris dans l’après-midi que l’on m’avait nommé commandant.
La brigade à nouveau sur pied
Après une longue après-midi de repos bien méritée, un coursier vint me prévenir du lancement d’une vaste offensive allemande. Nos troupes étaient mobilisées le long de la Meuse et je décidai de partir sur le champ.
Arrivé sur le terrain je fus surpris par la désorganisation totale qui régnait dans la brigade. Cela faisait peut-être des mois que c’était ainsi mais aujourd’hui, après avoir vu ce dont les forces alliées étaient capables, je ne pouvais plus accepter le fait que nous restâmes ainsi face à la machine de guerre allemande.
Après avoir pris contact avec le haut commandement de notre Division et activé notre brigade, je reçu l’ordre de défendre Ciney qui venait d’être attaquée. Je rassemblai tous les hommes encore debout et aptes au combat et sommes tous partis vers Ciney.
Combien de temps sommes-nous restés là-bas je ne saurais le dire. Des heures certainement. L’ennemi disposait de nombreux blindés et d’avions et nous surprenait grâce à plusieurs vagues d’assaut. Néanmoins, tous ensemble, nous avons pu défendre la ville et sécuriser entièrement la zone en prenant possession des quatre bases avancées allemandes.
J’ai félicité chaque homme pour leur courage et leur détermination. Un pas avait été franchi après ces longs mois difficiles et c’était grâce à eux.

Le haut commandement, très vite informé de notre belle performance, décide de nous confier une mission de la plus haute importance : Beauraing nous empêche de progresser vers l’Est et toutes les tentatives jusqu’à présent ont échouées. Si nous réussissons cette mission, nous serons à nouveau reconnu de tous.
Je rassemblai les troupes restantes et demanda la mobilisation des réserves disponibles. C’est ainsi que nous retrouvâmes à un petit groupe de 15. Ils étaient frais pour la plupart d’entre eux. La fatigue ne se lisait plus trop sur leurs visages. C’est d’eux dont j’avais besoin pour mener à terme cette mission.
Avec les soldats Krackull, Lob12, Droopie, Klyde, Biblo, Varzil, Armandal, Zato, Quantic, Spike, Benjoli, Pierro, rabortx, xianigar, Belze, frc03, renard et hokum, nous nous mirent en route pour la ville après une longue préparation de la mission.



Sur le chemin je me demandais où ceci allait nous mener. Moi qui hier était si peu confiant, aujourd’hui menant la brigade au combat.
Et si nous étions attendus ? La vie de ces hommes valait-elle la peine d’être sacrifiée ? Cette responsabilité était trop grande à mon sens. J’avoue avoir eu peur durant quelques instants. Heureusement, les hommes avaient le moral durant le trajet. Ils arrivèrent à me faire oublier que nous étions en guerre.
Alors que le camion nous avait déposés près d’une forêt au sud de la ville, nous progressions ensemble afin de prendre possession des différents bâtiments stratégiques. Pendant ce temps, une équipe se dirigea vers la base allemande afin d’investir le bunker et les baraquements.
C’est dans des moments comme celui-là qu’on se rend compte que la vie ne tient à rien. Chaque seconde durait une éternité, chaque homme commençait à douter, si un ennemi repérait l’un d’entre-nous avant que tout le monde soit en place, nous étions tous morts...
Une fois de plus, ces hommes ont prouvé leur bravoure et leur courage. Jusqu’au bout ils ont tenus. Une fois en place, l’alarme a été déclenchée.
Après dix minutes de frayeurs, de cris, d’explosions, de tirs, de mort, de haine, d’espoir, nous prîmes victorieusement la ville. Je n’avais plus de mots pour expliquer cela. Etait-ce un rêve ?
Lorsque j’annonça au haut commandement que la 4th Light Mechanized Brigade avait prit Beauraing, je ne su pas comment réagir face à autant de félicitions.
Ils annoncèrent la nouvelle sur toutes les fréquences radios et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, ce sont plus de 3 brigades qui vinrent renforcer la ville.
Pour l’occasion, même notre grand chef Pierre fît le déplacement du quartier général.
Alors que nous pensions la ville complètement sécurisée, des vagues d’assaut massives s’abattaient bientôt sur l’Est de la ville. Une magnifique colonne de blindés français se mit rapidement en route vers la base avancée ennemie.
Je rassemblai à nouveau quelques hommes et partit avec 6 sappeurs, emportant 120kg d’explosifs. Cette fois nous étions déterminés, cette fois nous avions le moral, cette fois-ci nous étions invincibles, cette fois-ci nous savions de quoi nous étions capables malgré des effectifs réduits...
zebbeee
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