3e DLM - Le squad Francophone pour Battleground Europe - WWII online
Documentations Battleground
Naissance du S35

En juin 1934, l’armée française demande la réalisation d’une « automitrailleuse de combat » destinée à la cavalerie, elle fait savoir que l’engin devra faire dans les 13 tonnes et être équipé de la tourelle déjà définie pour le char B1.

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Le prototype du S35 arrive à Reims au début de 1936, dans les quartiers du 4ème Cuirassier et du 18ème Dragon (voir "Le S35, ce dont je me souviens"). Le blindé avait un moteur initial développant 200 Ch, un Hispano V8, il était venu par ses propres moyens, par la route.
C’est le 4ème escadron qui fut chargé des expérimentations du prototype qui pesait dans les 19 tonnes.

Le rôle de ce futur char étant d’avoir des performances de vitesse mais aussi de longévité, il fut soumis à de rudes tests et était souvent « cassé ».
Les tests se poursuivirent en tout terrain, afin de confirmer les performances de l’engin. A la suite de ces essais, les patins de chenille furent changés, car trop lisses : ainsi commença la production du char produit par la Société d’Outillage Mécanique et d’Usinage d’Artillerie S 35.

Les S35 étaient destinés aux Division Légères Mécaniques, et c’est la 1ère DLM fut servie avant les autres (4ème Cuirassier et 18ème Dragon). Très vite, les pilotes apprécièrent les performances du blindé, qui affichait une vitesse moyenne sur route de 40 km/h.

Check list

Selon les spécialistes de l’époque, le Somua avait de très gros avantages :
- une coque pensée en trois parties, plus la tourelle, facilitant l’accès à toute la mécanique une fois déboulonnées, on voyait souvent les S35 sans coque supérieure ni tourelle se balader lors des opérations de maintenance,
- un blindage efficace de 40mm, en fonte coulée,
- un moteur V8 robuste et performant de 190 Ch,
- un système astucieux de rotation du blindé, qui agissait avec des embrayages latéraux fonctionnant à la vitesse du moteur, pas celle de la boite. La rotation du char s’obtenait non pas seulement par freinage d’une des chenilles, mais par accélération de l’autre. Il en résultait qui plus le rapport de vitesse était important, plus le char virait court. Au point mort le S35 pivotait sur place.
- une bonne vitesse de pointe, allant sur route jusque 50 km/h,
- une fiabilité que les équipages jugeaient plus que satisfaisante.

A tous ces points positifs il faut reconnaître quelques lacunes :
- un train de roulement qui aurait pu être meilleur,
- la tourelle monoplace, qui donnait au chef de char de multiples rôles,
- absence de moyens fiables de communication et d’interphone,
- Au combat, il fallait créer un courant d’air en ouvrant les écoutilles et les fentes de visée après avoir tirer une centaine de coup de 7.5, pour évacuer les gaz, et ce malgré la présence d’ouvertures dans la partie supérieure du blindage.

Agencement

Le pilote était assis à l’avant gauche (sens de la marche) avec les pédales et leviers habituels.

Légèrement en retrait à sa droite, le radio et son poste ER29, d’une portée de 5 km maxi entre chars en mouvement. Ce poste, amélioré en 1938, était constitué de l’émetteur récepteur ER29, avec chacun leur boîtier d’alimentation, et divers autres boîtiers (convertisseur ER29, décodeur basse fréquence, etc.). Ce poste équipera certains H35, mais vu la taille on le mettra à l’extérieur, sur une aile.

A titre indicatif citons également le récit d’un gradé de l’armée française qui indiquait après guerre que la boite de commande du poste avait été placée sur le trajet des douilles du canon de 47 sans que personne ne s’en aperçoive, détruisant les radios aux premiers coups de canon, ceux-ci n’ayant pas servi avant le 10 mai 1940.

Le chef de char devait être à la fois chercheur de cible chargeur et tireur, éventuellement commandant de peloton ou de compagnie de chars : cet "homme-orchestre" devait choisir entre ses multiples fonctions, bien trop de charge pour une efficacité maximale.

Le S35 passe pour avoir été, en 1940, un des meilleurs chars qui soient. La tourelle APX abritant le canon de 47/32 semi automatique était efficace contre tous les blindés allemands jusque près de 1000m, même si les rôles du chef de char l’handicapaient lourdement. Le canon était jumelé à une mitrailleuse Chatellerault calibre 7.5 modèle 31, qui pouvait être désolidarisée pour de faibles débattements latéraux. Pour l’approvisionnement, le blindé disposait de 85 (ou 108 ?) coup de 47 mm et de 15 chargeurs de mitrailleuse.

Post Scriptum

Sources utilisées :
- bulletin de l’association AAMB, n°31 (nov. 96) et n° 32 (Août 1997)
- blindés des origines à 1940, Profils et Histoire, Hachette 1980 (HS N°3)
- Une mailing list sur l’armée française en 1940.