Bonjour à tous,
Je suis un canuck, un canadien, un vrai. J'aime le hockey, la bière et les filles...et les jeux de guerre

In the real world, j'm'appelle Simon, j'ai 29 ans, j'ai une petite famille à moi, 2 fils et une conjointe, ce qui laisse peu de temps pour la chasse de pas bien online, mais j'aime bien décompresser en poussant un obus dans le derrière d'un panzer. Mouhahahaha ! (rire sadique).
Je peux pas être plus bleu que ça parce que j'ai installé le jeu la semaine dernière et j'ai passé au total environ 4 heures en lignes. Sur ces 4 heures, j'ai commencé (comme 99,9 % des gens j'imagine) par m'enrôler dans l'infanterie...mais c’était pas mon truc.
Bref, j'ai décidé de me recycler dans les blindés.
Après quelques essais en vickey anglais j'ai réussis à mettre la main sur un char d'assaut cruser II dans le coin d'Orval hier soir (21h heure locale GMT +5). Le chef de mission commençait à regrouper les troupes quand je me suis dit que je pourrais aller faire un tour de reconnaissance en attendant. Je mets les gaz et le premier véritable char d'assaut que j’ai la chance de conduire s'ébranle. Ouf ! Ce n'est pas la même sensation que le petit vickey ça ! Le moteur, beaucoup plus puissant m'emporte de vallon en vallon toujours un peu plus près d'Orval tandis que les fantassins et les AT se regroupent toujours au poste.
D'autres chars sont également en train de se déployer, mais eux, beaucoup plus disciplinés, restent près du groupe. Bah ! Je me dis que je peux toujours trouver une position sécuritaire juste en retrait de cette crête bien touffue qui se dessine devant moi. Je monte le talus et j'arrête mon char dans les fourrés. Je prends position à la tourelle pour observer les alentours. Quelle surprise ! Orval est juste devant à environ 3 km et la route qui relie notre poste à cette ville serpente sous mes pieds 20 mètres plus et environ 800 mètres au loin.
J’arrête mon moteur et j’apprécie le moment en faisant tourner ma tourelle et en parcourant les différentes options de visée. Je reviens d’un tour de tourelle lorsque par le plus grand des hasards, elle s’arrête nette sur une tache à l’horizon. Une forme angulaire et terne dans ce paysage tout en rondeur et verdoyant. Ayant à peu près aucune connaissance en blindé allemand, en fait aucune connaissance en blindé tout court,j’attends de voir si cette « roche » à l’horizon si loin que j’ai mal à le percevoir va réagir. Quelques instants passent dans le silence le plus total. Mon chef de mission continue à claironner ses ordres, et je n’ai pas idée de m’adresser à lui pour savoir quoi faire ni lui faire part de cette curiosité à l’horizon. Hop ! L’instant d’un clignement d’œil, la silhouette avait disparue de l’horizon. Probablement une illusion d’optique causée par cette lunette de visée me suis-je dit.
Je me prépare à relancer le moteur avec toute la lenteur qu’une nouvelle recrue peut y mettre étant donné que je connais encore mal mes commandes. Enfin, au poste de conducteur, je me rappelle que la tourelle n’est pas alignée avec le devant du char, ce qui peut être très inconfortable si je fais de mauvaise rencontre. Je retourne donc à la tourelle et là, qu’est-ce que j’aperçois, un char allemand isolé qui se faufile dans l’épaule d’une colline pour venir rejoindre la route juste sous moi ! Maintenant, j’en suis sûr, ce blindé est la tache au loin que j’avais vu ! Par le plus grand des hasards, ne m’ayant pas aperçu et croyant la voie sécuritaire, il avait quitté sa position dominante au profit de plus de vitesse sur la route.
Je prends sur moi, voici ma première « véritable » cible. J’enligne le panzer avec toute l’excitation que vous imaginez. Je ne prends même pas la peine de signaler quoi que ce soit à mon unité qui, sans le savoir est la cible probable de ce panzer. Je vise presque à réflexe le blindé ennemi quelque part au centre, à tout hasard on va bien touché quelque chose. Sa vitesse est fulgurante le premier obus atterrit lourdement à 20 mètres derrière lui. Il ne semble même pas avoir remarqué la déflagration! Le rechargement de mon canon semble prendre une éternité. Enfin, cette fois, les quelques secondes qui ont pris au magasinier pour recharger m’ont forcé à prendre une meilleure visée. Boum ! Le nuage de fumée qui accompagne le départ du projectile m’empêche d’être totalement sur de l’impact mais je crois avoir touché le véhicule allemand sur l’avant ! Quel coup ! Je me suis dit, je l’ai arrêté net ! Un tir à tout juger d’environ 600 mètre, rien pour épater les vétérans que vous êtes j’imagine, mais moi j’étais déjà prêt à sabrer le champagne !
Je suis encore tout sourire quand la fumée se dissipe, pour réaliser que le panzer s’est arrêté, non pas pour des problèmes de moteur, mais parce qu’il vient de découvrir ma position ! Il se retourne à une vitesse impressionnante et son canon amorce un mouvement vers moi qui ne peut pas être le fruit du hasard ! Boum ! Mon 3e tir le touche de plein fouet. Ce blindé stationnaire à 600 mètres sous moi est tout de même une cible facile pour mon canon. Je réalise alors que le blindage frontal de ce monstre a fait glissé mon obus sans même l’avoir endommagé ! Son premier tir déchire l’air ! Le projectile frappe le haut du talus derrière lequel j’avais arrêté mon char dont le moteur est toujours éteint. L’obus fait s’envoler des gerbes de terre devant moi. Si près en si peu de temps ! Son prochain tir sera probablement en plein sur la cible. Impossible pour moi de reculer, mon moteur est arrêté et le temps de reprendre les commandes, je serai déjà cuit. Je tire, ce que je pense être mon dernier tir avant d’être transformer en passoire. Je vise son châssis, peut-être qu’avec un peu de chance j’endommagerai le système de chenille avant de m’être fait exploser, ce qui rendra sa destruction plus facile par les prochaines troupes alliées au camp. Je vise donc les chenilles et au même instant où je tire je reçois sa riposte de plein front ! Déjà son 2e tir ! Mon devant plonge et j’essaie de surcompenser le mouvement de roulis en rehaussant mon canon et je tire au-travers de toute cette fumée. La panique s’empare de moi, est-ce que c’est mon moteur qui fume et est-ce la poudre des obus qui brouille ma vision…
Mon tir, à ma grande surprise, a fait mouche. L’obus dont la trajectoire devait ultimement atteindre les chenilles est venu se loger sur le dessus du coffre arrière qui s’enflamme tout à coup et transforme le panzer en fusée du 14 juillet. J’ai, sans le savoir, pris avantage de ma position surélevée pour loger un obus dans ce qui devait être sa soute à munitions !
Je reste là, à contempler la carcasse de mon premier panzer, et j’essaie de recoller les morceaux de cet affrontement dans ma tête pendant quelques instant puis je me souviens de la mission et j’entends les consignes de mon chef de mission qui me rappelle à l’ordre.
Plus tard dans la soirée, alors que nos forces prennent d’assaut Orval, mon blindé, premier en ligne avec toute la confiance que peut apporter ce genre de « victoire », sera pris entre 2 feux d’AT et sera descendu en pleine rue alors que j’ai laissé derrière moi les fantassins à leur triste sort. Cette soirée restera tout de même gravée dans ma mémoire comme mon premier « véritable » kill.
Comme vous voyez, j’ai beaucoup à apprendre de vous, et j’espère pouvoir vous être utile dans les missions. Au plaisir de se voir sur le champ de bataille
p.s. : désolé c'était long mais drôlement plaisant à raconter !