Voilà voilà ... comme en ce moment je passe plus de temps à l'hôpital que chez moi, pour passer le temps, j'ai réinstallé sur mon vieux portable ce bon vieux jeu Europa Universalis 2. Et je me lance dans une grande campagne avec la Castille, pays que je n'ai encore jamais pris, malgrè mes nombreuses parties ...
Et comme je suis sympa, et que j'ai rien d'autre à foutre, je vous fais partager mon expérience de l'intérieur ... passionnant n'est-il pas ?

A noter qu'il est obligatoire de le lire, y'aura une interro écrite à la fin, et les gens en dessous de la moyenne seront bannis du squad, attachés à un rosier (un gros), enduits de miel et léchés par Mirald et Perseus !

Donc voici devant vos yeux émerveillés :
UNE HISTOIRE ALTERNATIVE DE LA CASTILLE, DE 1419 à 1819, par Aquitain, tain tain !
Nous sommes le 1er janvier 1519 et la Castille, par la Grâce de Dieu et la volonté inébranlable de ces souverains, sort enfin de plusieurs siècles de domination musulmane. Les Maures sont désormais repoussés dans l'extrême sud de la péninsule. Les Rois de Castille peuvent enfin regarder vers l'Europe !
En prenant les reines de la Castille pour ces 400 ans d'Histoire glorieuse (j'espère) à venir, je commence par le classique tour du propriétaire. D'abord, politiquement, le Royaume semble solide. Une dynastie en place depuis longtemps, nullement contestée, une stabilitié intérieure bien établie ( +2 sur une échelle allant de -3 à +3 ), peu d'ennemis, à part les émirats musulmans de Grenade, Fez et Algers, et de bonnes relations avec nos voisins d'Aragon, de Navarre, de France et du Portugal.
En cette année 1519, c'est le bon roi Jean II, homme capable et intelligent, qui règne sur le Royaume.
Économiquement, le pays est en forme, pour ne pas dire que c'est une des grandes puissances du monde chrétien.
Les caisses du Royaume sont bien remplies, plus de 400 ducat d'or, ce qui est plus qu'honnête pour démarrer, et plusieurs province dont les revenus dépassent ou tutoies les 20 ducats annuels.
Les nombreuses mines de fer et de cuivre, notamment en Galice et en Vieille-Castille procurent des revenus confortables, mais le fer de lance de l'économie castillane est la province de Tolède, dont les mines d'or représentent un atout inestimable que bien peu d'autres royaumes européens peuvent se vanter de posséder (seul l'Autriche exploite des mines d'or, dans le sud de la province de l'Altmark).
Mais cet or est également à double tranchant, car l'arrivée de ces onces d'or transformées directement en monnaie peut tendre dramatiquement l'inflation vers le haut. Il va falloir être vigilant pour en contrer les effets néfaste, en essayant de ne pas être trop gourmand et vouloir remplir trop vite les caisses du royaume avec cet or facile.
Du côté de notre force militaire, les forces terrestres sont un peu faibles, tout juste 20.000 hommes et 1000 chevaliers mais les seuls ennemis à nos portes, l'Emirat nasride de Grenade ne peut aligner que tout juste 4.000 hommes.
Pour ce qui est de la Marine, le constat est beaucoup plus joyeux, car non seulement nous alignons 15 fiers caraques de guerre dans le port de la Corogne, mais nous possédons également 15 galères, parfaites pour évoluer dans les eaux calmes de la Méditerranée. C'est donc avec l'une des toutes premières flottes d'Europe que je commence mon "règne".
Un rapide coup d'œil sur le reste de l'Europe me montre que tout ne semble pas aussi calme et serein que mon bon Royaume de Castille. La France et l'Angleterre se déchirent depuis maintenant presque un siècle pour des histoires de successions, aidés les uns par leurs vassaux de Provence, du Bourbonnais et de l'Orléanais, et par la Vieille Alliance avec l'Écosse, et les autres par le puissant Duché de Bretagne.
En Europe Centrale, des troubles religieux amènent révoltes et guerres entre les états du Saint-Empire, la Bohème et la Hongrie.
Enfin en Europe de l'Est, le reste de l'Empire Romain d'Orient, dont ne subsiste plus que Constantinople et quelques cités grecques, résistent avec beaucoup de difficulté aux pressions des Ottomans, nouvelle puissance émergente en Orient.
Mes premières actions ont pour but d'assoir mon économie sur des bases saines à long terme. J'entreprends de nommer des baillis ( qui augmentent les revenus des impôts, au prix d'une augmentation du risque de révolte populaire ) dans l'ensemble de mes provinces, à commencer évidemment par les plus riches.
Avec une situation intérieure aussi stable, je ne risque pas grand chose à mécontenter légèrement le peuple. J'appose ma "patte" sur l'utilisation des revenus des impôts en privilégiant légèrement le développement de nos forces armées, tant dans la qualité de son matériel que dans son utilisation, et en priorité les forces navales. Le reste part dans le développement commercial et des infrastructures.
En effet, le seul Royaume véritablement menaçant d'un point de vue militaire est la France, qui est empêtrée dans ses guerres contre l'Angleterre. Le Royaume d'Aragon nous est trop lié pour y voir une guerre dans les décennies à venir, et le Portugal et la Navarre ne pourraient, même avec une avance technologique et "doctrinale" (je n'aime pas ce terme de "doctrine" militaire en parlant d'armée du 15ème siècle, mais je n'en vois pas d'autre) rivaliser avec la Castille, ne serais-ce qu'en terme d'effectifs et d'économie.
Je pousse donc l'avantage de la Marine jusque dans ma politique intérieure, en favorisant une politique navale, et en donnant plus de pouvoir à la bourgeoisie, notamment celle des grands ports de Séville, Cadix, Malaga et La Corogne, qui bien souvent aide le Royaume à financer ses nouveaux navires.
Évidemment, cela implique un mécontentement de l'aristocratie qui voit d'un mauvais œil ces changements.
J'effectue donc ces réformes par petites touches, prenant bien le soin de m'assurer que chaque changement ait été bien "digéré" avant d'en effectuer un autre.
Dans le même ordre d'idée, puisque je vais privilégier la Marine au détriment de l'Armée de terre, je penche ma politique vers une armée de masse, plutôt qu'une armée de professionnels qualifiés. Puisque de toute façon j'accepte par avance d'avoir un certain retard technologique sur les autres armées de terre européennes, autant compenser cet état de fait par le nombre. N'étant entouré que de royaumes faiblement peuplés, je compte bien si d'aventure guerres il y avait, les écraser sous le nombre.
Enfin, j'axe ma politique religieuse sur une stricte ferveur chrétienne. N'oublions pas que l'Islam est encore à nos portes, il n'est point époque pour la faiblesse et la tolérance. Si les bigots et les prêtres, ainsi que la Sainte Inquisition, feront de la Castille leur terre promise, cela va avoir d'autres effets plus inattendus.
D'une part la bigoterie ambiante ne va pas favoriser l'essor intellectuel de la société castillane, et part là même la "recherche" scientifique, et cela risque de pousser du monde à migrer vers des cieux plus tolérants. Mais d'autre part, cela va me permettre de contrôler plus facilement le peuple, de convertir avec plus d'efficacité les populations hérétiques (il y en a encore beaucoup dans le Sud, notamment à Murcie et à Cordou) . A la question "
Es-tu un bon chrétien ?", la réponse A sera "
oui" et la réponse B sera "
oui". Seront envoyé au bûcher ceux qui hésitent entre la réponse A et la réponse B !
Enfin, cette stricte observance des règles chrétiennes m'amènera un léger surplus de revenu dans les provinces chrétiennes du Royaume, c'est à dire presque toutes.
(honnêtement, je dois avouer qu'il y a une autre raison, moins "roleplay", à cet orientation chrétienne très radicale : en poussant les populations non-chrétiennes à bout, j'augmente mon nombre de colons potentiels ... car avec 500 ans de recul sur l'Histoire de la Castille et de l'Espagne, j'ai quelques "rêves d'Amériques" ...)
Tous ces changements vont prendre plusieurs décennies pour se mettre en place sans heurts notables. Vers 1480, je peux enfin dire que ma politique intérieure est en place selon mes souhaits.
Après cette vue d'ensemble et ces premières idées sur mes futurs objectifs, je peux lâcher les chevaux de l'Histoire ! ( ouah, elle pète cette formule, quel pouèt je fais !!! ).
L'année 1419 est surtout marquée par l'alliance contractée, à la demande de nos voisin, entre mon Royaume de Castille et son frère d'Aragon, en septembre. Ça colle parfaitement à mes plans, car j'ai en tête d'obtenir si possible avant 1500 la réunification des 2 royaumes sous une même couronne (la mienne de préférence

). Cette alliance est un bon début, mais il semblerait que le Roi d'Aragon avait aussi sa petite idée en tête, car à peine notre pacte d'alliance signé que l'Aragon déclare la guerre à la Navarre. Celà ne me gène pas outre mesure, mais ça choque la cours du roi Jean, car en début d'année il avait marié une de ses nièces au Prince héritier de Navarre pour renforcer les liens entres les 2 royaumes.
Le mariage royal est ainsi rompu par cette guerre, et ma stabilité interne en pâtis légèrement.
Je décide de rester l'arme au pied. En effet, les forces aragonaises sont 2 fois plus nombreuses que la petite armée de Navarre, que j'imagine se faire aisément écrasée.
Mais en fait, les 2 Armées vont s'éviter, marchant chacune de leur côté en territoire ennemi. Très vite les forces aragonaise mettent le siège devant la ville de Pau, capitale du Béarn et province nord du Royaume de Navarre. De son côté, l'armée navaraise s'attaque à Saragosse.
Forte de seulement 12.000 hommes, je me dis qu'elle ne va pas passer l'hiver, et qu'elle devra très vite lever le siège à cause de l'usure. Mais il n'en est rien, et c'est avec surprise et une légère inquiétude que je vois le siège de Saragosse avancer plus vite que celui de Pau. Mes espions m'indique que Saragosse n'en a plus pour très longtemps à tenir, je décide donc d'intervenir pour sauver la province de mon allié aragonais.
A la fin du mois de novembre, les 25.000 hommes de mon armée partent de Madrid, direction Saragosse. Le 12 décembre, elle arrive en vue des toits de la ville, dont certains brulent déjà. L'armée de Navarre choisit l'affrontement, car elle sait qu'elle est à 2 doigts de prendre la ville. Les 2 armées se font face, et en début d'arpès-midi, la bataille s'engage. Elle sera farouche, mais très vite nos troupes en surnombres (un peu moins de 25.000 hommes contre 10.000) débordent l'ennemi et le force à la retraite, une retraite néanmoins bien ordonnée, ce qui m'empêche d'écraser définitivement l'armée de Navarre. Au final, j'ai perdu environs 1 millier d'hommes quand les Navarais en ont perdu presque 7.000. C'est décimé, mais néanmoins en bonne ordre qu'il se replient sur Pampelune.
Mon armée, de part sa constitution en grande partie de piétons issu du bas peuple, n'a pas un moral élevé et n'est pas faite pour les campagnes longues (l'effet de ma politique militaire est là ... une fois l'ensemble de mes réformes effectué, mes armées auront un moral environs 25% inférieur à celui d'une armée standard ... presque 75% inférieur à une armée hautement professionnelle. Mais en contrepartie, je pourrais lever presque 20.000 hommes de plus par mois et en entretenir 50.000 permanents pour le prix de 25.000).
Je décide donc de ne pas poursuivre l'Armée de Navarre et de rester en territoire allié. Mais les Navarais vont en profiter pour recevoir des renforts, et à peine arriver à Pampelune, ils ne se reposent que quelques jours avant de repartir ... m'attaquer. Je compte bien les attendre de pieds fermes, car même avec leurs renforts, ils ne comptent que 16.000 hommes.
La deuxième bataille de la guerre à lieu à l'endroit même de la première. Mais cette fois les généraux navarais ont appris de leur précédente défaite, alors que de mon côté je suis peut-être pris dans un trop plein de confiance. La bataille va être féroce, acharnée, et durer 2 jours. Mais en fin de journée, ce 21 décembre 1419, sentant le moral de mes troupes flanché devant la détermination et les assauts incessant de l'ennemi, j'ordonne la retraite, la mort dans l'âme.
Tout n'est cependant pas noire dans cette défaite, car les pertes ennemies sont importante, pas moins de 5.000 morts, contre un peu plus de 2.000 dans nos rangs. Ces pertes sont tellement importantes que l'armée navaraise renonce à mettre le siège une seconde fois à Saragosse, et rentre au pays. Elle a gagné un sursis, et le droit de passer l'hiver sans encombre, même si au nord, Pau continue d'être assiégée par nos alliés aragonais.
L'hiver et le printemps se passe à reconstituer nos forces. Cette fois je ne ferais plus la même erreur. J'avais sous-estimé l'impact de mes réformes sur le moral de mon armée. Si cette faiblesse est finalement plus importante que prévue, je compte bien tirer partie des avantages de ma politique militaire, à savoir : le nombre.
De tout le royaume les hosts sont mobilisés et des troupes levées. Elles sont peut-être qualitativement inférieures à l'ennemi, mais mon dieu, elle ne coutent presque rien.
Et enfin, au milieu de l'été, mon armée est prête à repartir en campagne. Je choisis, vu la date déjà bien avancée, de me positionner de nouveau à Saragosse, pour empêcher l'Armée de Navarre, qui après une tentative infructueuse pour lever le siège de Pau semble de nouveau prête à l'offensive, de plonger au coeur de l'Aragon et pourquoi pas menacer Barcelone ou même mes propres provinces. A Saragosse, je suis à même d'intercepter tout mouvement ennemi en territoire allié.
Finalement, au début du moi de septembre, l'Armée de Navarre veut en finir et forcer la porte de l'Aragon. Elle marche résolument vers Barcelone. L'ensemble des forces aragonaises occupé à Pau, c'est à mon armée de contrer les navarais.
La rencontre décisive à lieu le 10 septembre 1420 dans un champ en bordure de l'Ebre, à mis chemin de Saragosse et de Barcelone. Si l'Armée de Navarre aligne quelques 18.000 hommes, la mienne en compte presque 32.000.
Le choc est terrible, les chevaliers des 2 bords se ruent sur la piétailles, mais c'est elle qui fournit l'ensentiel de l'effort. Et cette fois, mon surnombre va totalement noyer l'ennemi. Lorsque le jour tombe, l'armée navaraise est écrasée. Si j'ai perdu 3.000 hommes, l'Armée de Navarre quant-à elle compte moins de 5.000 hommes valides. Je décide cette fois-ci de la poursuivre, pour la mettre sous pression, et pourquoi pas atteindre les murs de Pampelune.
Mais je n'en aurait pas le temps, car avant même d'entrée en Navarre, Pau tombe, après 1 an de siège, et dans les jours qui suivent, une entrevue entre les Rois de Navarre, Aragon et Castille scelle une paix victorieuse.
L'Aragon obtient le Béarn, quant à ma Castille, elle obtient une belle compensation financière de 112 ducat d'or. Voilà une guerre qui m'aura rapporté, outre l'or gagnée (moins les frais de levée et d'entretien des troupes, mais ils sont assez faibles), une précieuse expérience sur les limites et les capacités de mon armée.
Désormais, avec une économie saine et un trésor confortable, je vais pouvoir me lancer dans une stratégie commerciale agressive !
Situation du Royaume de Castille-et-Léon en janvier 1421
En jaune, la Castille, en gris l'Aragon, en vert clair le Portugal, en rouge l'Angleterre et ses possessions en Guyenne, en bleu la France, en marron la Navarre et enfin en vert foncé l'Emirat de Grenade